L’amarezza per le devastazioni del patrimonio culturale di Algeri – Intervento di Nacera Benseddik, benemerita di tante battaglie

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A l’Ecole supérieure des beaux-arts[2].(Fig. 5)

Fig. 5

Au nombre des œuvres endommagées dans le parc Gatliff (Ziryab) citons le reste de l’inscription néo-punique de Rusuccuru (Dellys) (Fig. 6), un bas-relief anépigraphe d’époque romaine, de provenance inconnue, déjà brisé en deux morceaux jointifs (Fig. 7), la statue de Mercure découverte dans le temple de Jupiter à Rapidum (Sour Djouab) (Fig. 8) et un linteau antique, à la provenance incertaine, gravé d’une inscription arabe (Fig. 9).

Fig. 6
Fig. 7
Fig. 8
Fig. 9

Pourquoi une telle légèreté dans la gestion sécuritaire du plus ancien musée d’Algérie et d’Afrique lors des manifestations du 8 mars, alors qu’une première intrusion, sans conséquences, avait eu lieu le 1er mars? A l’Ecole supérieure des beaux-arts les dégâts auraient été bien plus importants n’eût été l’intervention des agents de sécurité de l’institution. L’administration patrimoniale avait pourtant été alertée maintes fois sur la nécessaire et urgente sécurisation des collections exposées dans les salles ou entreposées dans les réserves conformément aux recommandations de l’International Council of Museums (ICOM)[3] : bâtisse en chantier d’urgence depuis des années, œuvres laissées en plein air dans le parc, environnement nocif dans les salles (poussière, humidité, aucune surveillance thermique, pollution ambiante, lumière au néon, vitrines dangereuses pour les œuvres), matériaux de stockage non conformes dans des réserves inappropriées, ni luxmètres, ni hygromètres, pas même un déshumidificateur !


[1]Terme arabe désignant le mouvement populaire algérien né le 22 février 2019 contre le pouvoir en place et qui rassemble depuis 4 mois, chaque vendredi outre certains jours de la semaine, des milliers de personnes dans les rues de nombreuses villes.

[2] Le 8 décembre 2018, au XXIe colloque de l’Africa romana, à Tunis, j’avais donné une communication intitulée « Un lapidaire épigraphique à l’École Supérieure des Beaux Arts d’Alger »; des images comparatives données ici permettent de juger de l’importance des dégâts.

[3] A ma connaissance, aucun plan de prévention consigné par écrit, testé et révisé au moins une fois par an, avec les mesures à prendre avant, pendant et après un sinistre (séisme, incendie, émeute, guerre) n’a été mis en place au Musée National des antiquités. Pour les détails, voir Nacéra Benseddik, Du Musée algérien du Louvre au Musée national des Antiquités. Les tribulations des collections archéologiques du Musée national des Antiquités d’Alger, Communication donnée au colloque « Le Patrimoine du Maghreb à l’ère numérique », Constantine, mai 2015 (à paraître).